Ne manquez pas un article.
Souscrivez ici.

Typologie des anti-vaccins



Les "rebelles" : les "crispés" et les "raisonnés"


Les rebelles crispés ont une attitude globale de rejet envers un quelconque des nombreux éléments de la vie en société et de l'organisation sociale. Ce sont des personnes dont l'attitude globale de rejet orientée se retrouvent dans le fait qu'ils sont souvent aussi anti quelque chose : anti-science, anti-autorité, anti-viande, anti-grandes surfaces, anti-armée, anti-impôts, et, bien sûr anti-système ... avec des justifications personnelles affectives variées. L'ensemble des personnes qui sont "contre" quelque chose de notre monde quotidien serait environ 10% de la population. On les retrouve naturellement dans les "rebelles" qui sont "contre" le port du masque, les gestes barrières et les autres mesures de précaution et, bien entendu, contre la vaccination... C'est, par exemple, cette infirmière qui refuse de porter le masque dans un commerce, lors du premier confinement, et qui se justifie en disant d'elle-même qu'elle est "une rebelle". Se désigner soi-même comme "rebelle", c'est se positionner au-dessus des règles valables pour les faibles, les soumis, les esclaves... C'est se montrer fier de sa résistance aux contraintes avilissantes. Si vous demandez à ces personnes les raisons de leurs conduites, elles désignent une personne, une entreprise, un évènement, un discours... qui justifie leur refus et qui montre leur noble caractère de résistant : "Je ne peux pas supporter Macron ...", "Je refuse de suivre les indications de mon chef de Service...", "Je ne veux pas enrichir les industries pharmaceutiques...", "Je suis contre toute contrainte, aucun discours ne peut me séduire...".


Les rebelles raisonnés sont une autre sorte de rebelles. Ils cherchent à se montrer attachés à une argumentation plus plausible que le simple rejet direct. Ils puisent la justification de leur conduite dans des idées apportées par le flot des contre-vérités accompagnant les commentaires sur la pandémie, ses origines et ses effets. Le vaccin vous inocule une puce microscopique qui, si vous approchez votre carte bancaire de votre bras, permettra à Bill Gates de vider votre compte bancaire ; le vaccin a des effets indésirables que l'on nous cache, comme par exemple l'apparition, à long terme, de thromboses veineuses ou de crises cardiaques mortelles ; le vaccin, à cause de la protéine Spike du virus, entraine la stérilité des vaccinées ; le vaccin porte un ARN qui va s'intégrer dans votre génome avec des conséquences catastrophiques sur votre santé et sur votre descendance...


La journaliste et écrivaine Abnousse Shalmani (dans l'Express n°3655), passant en revue les incroyables arguments mis en avant par ces différents "rebelles", conclue son propos sur les anti-vax par cette analyse très pertinente : "refuser la vaccination parce qu'on n'aime pas le président, la pluie ou la science fait de soi un enfant gâté et inconscient." C'est bien en effet ce positionnement que prennent les "rebelles" : comme des enfants gâtés, ils font leur crise d'affirmation, ils refusent d'entendre raison et de se plier aux règles de la solidarité. Ils tiennent tête car ils ne sont pas habitués à s'incliner devant des contraintes. S'incliner et faire avec des contraintes, c'est pour eux de la capitulation et de la soumission. Eux, ils sont "fiers".


Je dirais donc avec Abnousse Shalmani que l'ensemble de ces "rebelles" ne sont finalement que des enfants gâtés fabriqués en masse par notre société.


Les "je m'en foutistes"


On les prenait pour des "anti-vaccins"affirmés. On découvre que ceux sont de braves gens, tellement centrés sur leurs propres affaires que les évènements du monde ne les concernent pas. La solidarité avec leurs concitoyens, par exemple, est une notion qu'ils ne peuvent pas appréhender. Une pandémie qui peut toucher tout le monde et eux-mêmes, c'est une idée qui n'a pas de sens pour eux. Ils sont nécessairement en dehors de cette affaire qui concerne essentiellement les autres. Ils ne sont solidaires de personne. C'est un peu comme aller voter : à quoi cela servira du point de vue de leur vie personnelle ? Elle sera toujours la même. Ils ne sont pas impliqués là aussi. Ils constituent cette masse permanente des 10% à 15% des sans opinion sur tous les sujets de société.


C'est Sylvain Fort, qui dans l'Express, du 22 juillet met justement l'accent sur ces personnes : "c'est la France de ces quatre millions de personnes qui, en cinq jours, a pris rendez-vous pour une première dose", après les annonces du Président de la République le 12 juillet. "C'est la France qui ne dit rien mais qui ne fait rien, bref c'est la France qui s'en fout. Les micros tendus au hasard dans les longues files d'attente formées au lendemain des annonces présidentielles faisaient entendre un jeune qui se croit immortel, un vieux qui ne sort pas de chez lui, une mère de famille qui avait autre chose à faire, , toutes sortes de gens pas du tout confus, manifestement insérés, mais ayant en commun ce trait : même une pandémie mondiale ne les avait pas convaincu de bouger".


Ces "je m'en foutistes" ne sont finalement que des individualistes égoïstes, eux aussi bien représentatifs de notre temps.


Les "complotistes" : les "meneurs" et leurs "suiveurs"


Le complotisme est un trouble de la personnalité (cf. le "Que-sais-je" sur l'identité). Il affecte des personnes affectivement déstabilisées dans leur enfance, secouées par les avatars de leur existence, déçus des échecs de leurs stratégies personnelles de vie et qui en veulent à la société, alors désignée comme bouc émissaire de tous leurs malheurs. Leur identité malmenée a besoin de points d'ancrage. Ces points d'ancrage ne peuvent venir de la société telle qu'elle est organisée puisque cette société a toujours été porteuse de leurs déceptions. Ils recherchent alors des points de repère en dehors du réel tel qu'il apparait. Ce réel étant nécessairement trompeur. La vraie réalité est cachée. Leur quête incessante et inquiète du vrai leur fait découvrir une vérité largement travaillée par leur imagination. En général, ils décèlent derrière les évènements, un complot mené par certains groupes ou certaines entreprises. Les plus célèbres complots de leur imagination étant l'alliance des pédophiles mondiaux, ou encore celui des milliardaires voulant réduire le nombre d'humains sur terre, ou encore celui de certaines grandes entreprises de réputation internationale voulant diriger le monde.


Ce nouveau type de sociopathes resterait en nombre réduit s'il n'y avait pas leur prosélytisme leur apportant un grand nombre de suiveurs. Ce prosélytisme est très soutenu et puissant car il est mentalement vital pour eux. Il est inhérent à leur état mental car ils ont besoin du confort psychologique d'un groupe de personnes acceptant leurs idées et réagissant comme eux contre des boucs émissaires. Ceci est démontré par l'étude d'une ONG anglo-américaine, observatoire de la haine en ligne, portant sur 800 000 publications sur Facebook et Twitter montrant que 65% de la désinformation sur le Covid-19 provient de douze individus qui ont convaincu à eux seuls 59 millions de personnes dans les deux pays (rapporté par Le Point du 22 juillet).


Les premiers complotistes (les meneurs) ne sont que des loosers aigris, jaloux et destructeurs ; les seconds (les suiveurs) ne sont que des désemparés-faibles d'esprits cherchant des certitudes rassurantes.


Conclusion


Face à la réalité écrasante de la pandémie et à la pression morale des vaccinés raisonnables, les anti-vax se défendent de toutes leurs forces. Pour eux, ceux qui se sont fait vacciner sont traités de veaux, de collabos de dictature, mais aussi d'assassins et de violeurs (cf. Richard Boutry, meneur complotiste). Je crois qu'il n'y a rien à leur dire : ils sont figés dans une posture qui a de trop fortes racines psycho-pathologiques pour pouvoir bouger. Je laisserai le mot de la fin à Patrick Pelloux, le médecin urgentiste bien connu, qui dit en parlant d'eux et de notre démocratie : "c'est bien la liberté d'expression, même les cons peuvent dire quelque chose".

Derniers Posts