Les réseaux sociaux sont un bon terrain pour observer comment le contexte influence nos comportements. Les normes liées au type de réseau utilisé, les valorisations sociales liées aux « like » reçus, les représentations mentales affectées au type de public visé dans les échanges, l’image que l’on veut donner de soi, les retours d’informations présentées par les algorithmes de chaque réseau … tous ces facteurs engendrent un environnement particulier qui pilote les conduites des uns et des autres.
L’impact des normes du réseau et des attentes du public visé
- LinkedIn – réseau professionnel – pousse à adopter un ton professionnel, même chez des personnes très informelles dans la vie réelle ;
- TikTok – réseau de partage de courtes vidéos – encourage la créativité rapide et parfois l’exagération qui pousse des utilisateurs timides à se mettre en scène d’une manière flatteuse ;
- Instagram – réseau qui permet de partager ses photographies et ses vidéos avec son réseau d'amis – valorise l’esthétique et la mise en scène, incitant à publier des contenus soigneusement filtrés et retouchés déformant la réalité.
Les effets de la valorisation sociale et de la chambre d’écho créée par les algorithmes
- Les likes, commentaires favorables et posts partagés agissent comme des récompenses psychologiques valorisantes qui poussent les utilisateurs à publier ce qui plaît aux autres, parfois au détriment de leur propre authenticité (effet vedettariat) ;
- les algorithmes renforcent nos préférences en nous montrant des contenus similaires à ceux que nous avons déjà aimés. Cela crée un environnement homogène où nos opinions sont rarement mises en cause. Les utilisateurs deviennent de plus en plus polarisés, jugeant que « tout le monde pense comme eux » (effet rétrécissement mental).
Les effets de la comparaison sociale
En voyant sans arrêt les réussites affichées et les vies idéalisées des autres (exhibitionnisme valorisant), les utilisateurs les comparent à leur propre vie, souvent de manière négative. Cela affecte l’estime de soi, génère de l’anxiété ou pousse à des comportements artificiels. Le sociologue Gérald Bronner a particulièrement étudié les effets de cette comparaison sociale permanente :
1°) nous sommes poussés à en vouloir toujours davantage (mécontentement permanent) ;
2°) nous nous tournons de plus en plus vers nous même (individualisme) ;
3°) la comparaison nous rend malheureux (blessure narcissique et désespérance) (Gérald Bronner, À l’assaut du réel. Vers la post-modernité, P.U.F., 2025).
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