L’effet « bulle de référence » des reseaux sociaux
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Le monde virtuel
Les réseaux sociaux ont créé de toute pièce un monde nouveaux qui n’a plus rien à voir avec le monde réel auquel on se confronte. Dans ce monde virtuel, que nous pouvons voir mais pas toucher et ressentir, il nous apparait dans un même moment, successivement et dans le désordre, des événements très divers que nous ne pourrions pas rencontrer quasiment en même temps dans le réel. Ainsi, dans une succession de clics ou lors d’un scrolling rapide je vois défiler : la vidéo d’un accident spectaculaire, une photo de paysage bucolique, un plaidoyer idéologique d’un groupe de militants, une démonstration de bricolage, une photo de star, un ralenti de drible de foot, une émeute à l’autre bout du monde, une vidéo d’un humoriste, une proposition inconvenante avec illustration à l’appui et ainsi de suite. Dans la vie réelle, si je suis spectateur d’un accident, je ne vais pas, à la seconde suivante me trouver dans un rassemblement et rencontrer des militants ou me concentrer sur une astuce de bricolage. Je vais me remettre du choc de la vue de cet accident et évaluer ce que je peux faire. Je suis « engagé » dans mon monde vécu contrairement au spectacle bigarré que m’offre les réseaux sociaux.
La visée des réseaux
Le monde que nous propose les réseaux sociaux est donc un caléidoscope de fragments de réalité. Il est intéressant, si l’on veut, par sa variété mais il est déroutant par son incohérence. Les réseaux avec leur présentation composite me maintiennent à distance de ce qu’ils m’offrent. Or, ce n’est pas ce qu’ils recherchent. Ils ont un enjeu majeur : faire que je reste le plus longtemps possible, non seulement sur leur plateforme, mais aussi sur tel ou tel entrée qu’ils nous proposent. Car, derrière le temps que je vais passer ils pourront augmenter leurs revenus publicitaires. En effet le processus est simple : plus on reste, plus ils peuvent montrer de contenus et plus ils peuvent insérer de publicités ; plus on interagit (likes, commentaires, partages), plus ils peuvent nous cibler précisément et rendre leurs pubs plus efficaces ce qui leur génère encore plus de revenus.
Les algorithmes
Pour faire que l’on reste le plus longtemps possible sur tel ou tel réseau et telle ou telle entrée, les algorithmes des réseaux sociaux exploitent un mécanisme psychologique puissant qui est le fait que chaque individu, dans le monde virtuel surtout, préfère rester dans ce qu’ils appellent sa « bulle de préférences », c’est-à-dire dans des contenus liés à son monde personnel fait de ses références, de ses idées, de ses modèles ... Car c’est dans ce monde que l’individu est le plus à l’aise puisqu’il n’y rencontre aucune contradiction et n’a que des interactions maîtrisées avec des phénomènes, des événements et des images et des objets qu’il apprécie.
Les clusters d'intérêt
Pour les algorithmes des réseaux sociaux chaque contenu affiché est donc un test d’intérêt. Ils observent et intègrent : ce que l’on likes, ce que l’on regarde longtemps, ce sur quoi on s’arrête en faisant défiler, ce que l’on regarde jusqu’à la fin, ce que l’on commente, ce sur quoi on revient, ce que l’on partage. Même un arrêt de 0,5 seconde sur une vidéo est un signal pris en compte. Avec ces informations, ces algorithmes construisent un modèle précis des intérêts de l’internaute. L’algorithme fonctionne donc comme un système d’apprentissage automatique basé sur le fait que plus on consomme un type de contenu, plus il va en proposer du même genre. L’algorithme construit des « clusters d’intérêt » regroupant des contenus sélectionnés par les préférences thématiques des internautes. C’est alors qu’ayant repéré une préférence chez un internaute, il propose les contenus du cluster correspondant, renforçant ainsi l’effet « bulle de préférence ». Cet effet qui est la recherche du maintien de l’ensemble de ses interactions avec les éléments prépondérants et attirants de son monde personnel.













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