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Introduction à la seduction




Sourire


Pourquoi le sourire prépare-t-il une bonne relation nécessaire à la séduction ? Parce qu’il s'oppose à la mine renfrognée et que, donc, il signifie l'acceptation de l'autre. En effet, il institue l'autre comme être agréable, digne de recevoir un sourire. Celui qui ne nous est pas sympathique, par contre, aura droit à une mine renfrognée. Il y a deux mécanismes en œuvre dans les effets du sourire :
1°) par l’habitude sociale : sourire à quelqu’un = acceptation de ce quelqu’un ;
2°) par mimétisme retour, celui qui sourit présuppose le sourire retour de l’autre et donc l’acceptation de la relation détendue proposée à l’autre.

Être enjoué et avoir de l'aisance


Pourquoi être enjoué et avoir de l’aisance dans le contact prépare-t-il une bonne relation nécessaire à la séduction ? Parce qu’être enjoué et avoir de l'aisance dans le contact est une manière d'être qui facilite la mise en place d'une relation de style « décontractée ».

On sait bien (c'est une règle sociale) que l'on est « décontracté » avec des gens de son milieu, des gens que l'on apprécie et dont on n'a pas à se méfier. Être décontracté avec autrui, c'est aussi lui proposer de nouer le type de relation de complicité qui va avec la manière d'être. C'est donc manipuler la relation en se positionnant comme quelqu'un dont les propos vont être sans ruse et arrière-pensées. C'est donc donner du poids et de la valeur à ces propos. Il y a là aussi deux mécanismes en œuvre dans les effets de l’aisance avec l’autre :

1°) par l’habitude sociale : être décontracté avec quelqu’un = définition de ce quelqu’un comme proche et amical ;

2°) par mimétisme retour, celui qui est décontracté présuppose la décontraction retour de l’autre et donc l’acceptation de la relation détendue proposée.

Avoir de l'humour


Pourquoi avoir de l’humour prépare-t-il une bonne relation nécessaire à la séduction ? Parce qu’avoir de l'humour, c'est montrer que l'on ne se prend pas assez au sérieux pour instituer une « relation sérieuse » avec l'autre. Or, les relations sérieuses rentrent toutes dans la catégorie dominant-dominé. On y trouve la relation : maître-élève ; chef-subordonné ; père/mère-fils/fille ; adulte-enfant ; formateur-formé ; tuteur-suiveur ; décideur-non décideur ; pilote-passager ; guide-suiveur...

En disant, par l’humour, d'une manière implicite, que l'on refuse ce type de relations « classiques », on propose nécessairement un autre type de relation : une relation de complicité d’amusement menant au copinage, à l’amitié, au flirt, à la relation amoureuse…
- L’humoriste ne peut heurter l’autre puisqu’il se place dans une position décalée, qui sort volontairement des relations classiques.
- L’humoriste, comme le séducteur, manipule les apparences pour que le séduit retrouve ses propres qualités chez le séducteur.


Par ailleurs, si l’on se permet l’humour c’est bien que l’autre est capable de le recevoir. Donc cet autre est défini d’emblée comme « complice ». Cette définition est une gratification que l’humoriste ou le séducteur lui fait. Il aura donc tendance à retourner cette marque de reconnaissance positive. Un cercle heureux d’échanges est alors enclenché. On peut représenter ce qui se passe dans les échanges par le schéma ci-contre

Extrait de : Alex Mucchielli, "Savoir influencer : de l'influence au coaching", éd. Ellipses, 2022.


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