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Et en même temps : application au management

February 27, 2018

 

Besoin de liberté d'expression et d'action

Chaque membre de notre société est très informé sur quantité de questions : l'Internet, les réseaux sociaux, les journaux électroniques, les débats télévisés..., lui apportent des éléments pour se forger ses propres idées. Par ailleurs, le citoyen lambda remarque que désormais tout le monde peut dire tout et n'importe quoi et le clamer haut et fort sur les réseaux sociaux, sur une vidéo postée ou devant des journalistes avides de nourrir leurs commentaires incessants. Il a fini par penser que ses opinions ont la même valeur que celles des autres et de tout expert auto proclamé : en conséquence, lui aussi veut pouvoir s'exprimer librement. Depuis 1968, en particulier, mais en fait depuis les 30 glorieuses (années 1945-1975), les lois, les règles, les obligations, les autorités, les contraintes..., tout ceci est largement devenu difficilement supportable. Il y a de plus en plus de personnes pour éviter les conduites exigées, pour s'infiltrer dans les failles des systèmes en place et pour en tirer des avantages personnels. Ces sortes de déviants montrent donc en permanence l'exemple à suivre pour se faire plaisir ou pour réussir. Quiconque ne fait pas comme eux est un demeuré qui ne pourra s'en prendre qu'à lui même... Le résultat global de cet ensemble d'orientations d'esprit est donc le renforcement de l'individualisme et le refus accentué des règles et des exigences des autorités.

 

Besoin de règles

Nous voyons bien que des évolutions culturelles dans notre environnement se font lentement mais surement. Elles se font tout d'abord en réponse à des problématiques sociales nouvelles et prégnantes : terrorisme, immigration, insécurité culturelle, lutte contre la domination masculine, demande de moralisation des activités financières, indignation contre les utilisations illicites des données individuelles par les GAFAM... Ces évolutions culturelles se font aussi en relation avec des nouveautés économiques et technologiques assez incontrôlables : le bitcoin et les autres monnaies virtuelles, l'exigence d'une responsabilité sociétale accrue des entreprises, la lutte contre l'évasion fiscale, l'importance des réseaux sociaux, la médiatisation des activités privées, la disponibilité permanente d'une masse d'informations sur l'Internet... Face à tout cela, le citoyen lambda a l'impression qu'il y a trop d'éléments impossibles à contrôler, qu'il y a, au final, une dérégulation de la société qui se fait à son désavantage. Il appelle donc de ses vœux la fixation de bornes et de règles qui le sécuriseront.

 

En même temps

Ainsi donc, au niveau global, les hommes de notre temps souhaitent des lois et des règles strictes qui les sécurisent et, en même temps, au niveau individuel, ils exigent une grande liberté pour le choix de leurs conduites personnelles, ce qui leur permet de s'épanouir. Ces attentes peuvent sembler paradoxales mais, en fait, elles sont tout à fait complémentaires. Elles ne concernent pas les mêmes niveaux de réalité et peuvent donc cohabiter en harmonie.

 

Application au management

Le manager de notre temps n'est plus un hiérarchique qui distribue des ordres et émet des commandements. On lit partout dans les manuels récents que cette figure du chef traditionnel est désormais obsolète. Pour donner du sens aux activités de ses collaborateurs (motivation) et  leur apporter le plus de bien être possible dans leur travail (satisfaction personnelle), le manager moderne doit manier sans arrêt le "en même temps".

 

Au niveau global, celui de l'entreprise (plan d'ensemble), le manager rappelle le projet global de l'entreprise, car chacun dans son travail, doit évaluer ses résultats et sa participation en fonction des orientations de la mission de l'entreprise dont une grande partie est une mission sociétale (participation au développement de la société). Le manager pourra aussi rappeler les orientations de la GRH de l'entreprise, lesquelles prennent largement en compte les aspirations des collaborateurs : carrière, formation, développement personnel... Ce cadre général est un cadre qui donne du sens au travail, car chacun est à la recherche de sens.

 

En même temps, au niveau plus restreint de l'équipe (plan moyen), le manager est un leader. Il fixe, lors de débats collectifs qu'il sait animer efficacement, les règles claires du travail à faire en fonction d'objectifs largement commentés et justifiés, les règles acceptées de la qualité du travail attendu, celles de la collaboration et de la participation évidentes et nécessaires. Il affirme là ses qualités d'influence et d'entraineur. Le manager, à ce niveau, est alors le garant du respect de ces règles. Il les applique avec fermeté et équité. Chacun est donc sécurisé par son rôle de gardien de la justice. Il intervient sur les conflits naissants en se référant aux règles fixées, notamment celles qui concernent la collaboration et la participation.

 

Toujours en même temps, au niveau individuel (plan rapproché), le manager garantit une grande liberté d'organisation et d'exécution. Il sait respecter les personnalités et leurs façons de faire. Il intervient juste pour aider et faire profiter de ses conseils expérimentés ceux qui attendent ses interventions. Il anime les réunions qui vont fixer les procédures de travail demandant des collaborations. Il veille alors à ce que chacun trouve sa juste place dans le respect de ses valeurs individuelles. Il sait écouter ses collaborateurs et il n'a pas peur de reprendre leurs remarques pour faire évoluer d'une manière collaborative les procédures et les règles.

 

C'est ainsi que le manager devient un responsable d'équipe, en même temps, ferme et ouvert et, en même temps, conducteur et conseiller.

 

 

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