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La "learnability"

September 21, 2017

The future of work depends “not on what you know, but what you can learn”. It means that long-term employability is contingent on learnability that is the desire and ability to learn new skills to stay relevant (Jonas Prising, Chairman & CEO, ManpowerGroup) (cité par Jean-Roch Houllier, THALES Université International Learning Director).

 

Cette "compétence à apprendre" dépendrait d'une attitude (l'attitude intellectuelle d'ouverture) et d'une aptitude (l'aptitude à comprendre les logiques organisatrices des apprentissages à réaliser).

 

Les composantes de l'attitude intellectuelle d'ouverture

 

1- La confiance en soi

Cette attitude est une manière d'être au monde. C'est elle qui fait que l'on aime découvrir des choses nouvelles, que l'on aime comprendre comment cela fonctionne, que l'on cherche à se perfectionner, à étendre ses connaissances et ses compétences. L'attitude d'ouverture intellectuelle est d'abord supportée par le fameux sentiment de confiance en soi que tous les psychologues mettent au fondement de l'identité sereine. Identité sereine sous-tendant le goût de la prise de risque intellectuelle permettant d'explorer des connaissances inconnues.

L'École Nouvelle et les nouvelles idées sur les manières d'enseigner (pas de notation mais une réflexion sur les faiblesses, coopération entre les élèves, tutorat des maîtres, valorisation des réussites, classe inversée...), visent à mieux forger la confiance en eux des élèves et des adultes qu'ils deviendront.

 

2- Le goût de la découverte intellectuelle

L'ouverture aux connaissances nouvelles, aux apprentissages nouveaux, aux efforts d'apprendre..., nécessite ce goût de la recherche de nouveautés à connaitre. Il y a en-dessous de cette attitude la motivation à connaître. C'est la motivation des découvreurs, des inventeurs, des chercheurs et des autodidactes. Ces autodidactes, qui partent de leur domaine restreint de connaissance et qui étendent leur savoir et leur compétence pour devenir des experts dans un domaine qui les passionne.

Ce goût de la découverte de domaines nouveaux peut être accentué par des conditions existentielles particulières : situation professionnelle décevante, problème de carrière, problème de relation avec la hiérarchie, sentiment de déréliction dans le poste de travail, lassitude de la routine, stress au travail devenant insupportable...

 

3- Le goût de la compréhension

La passion et la volonté de comprendre en profondeur les choses qui se présentent à son intérêt sont totalement incluses dans l'attitude intellectuelle d'ouverture dont nous parlons. Tout ceci s'oppose essentiellement à l'attitude doctrinale faite de référence à ce qui est établi par les autorités, de savoir figé, de répétitions routinières de procédés, de l'application stricte des connaissances apprises et validées une fois pour toute.

Ce goût de la compréhension se construit en partie dans l'enfance à travers l'utilisation et la réflexion sur des machines simples (machine à vapeur, bobines électriques, machines de tri, usage d'algorithmes simples...). Il se construit aussi à travers l'élaboration de projets collectifs plus ou moins complexes : réalisation en équipe d'un film documentaire, mise sur pied d'une exposition thématique, construction de maquettes diverses... Désormais de nombreux jeux de simulation de gestion existent et entrainent à la compréhension des mécanismes latents sous-tendant les activités finalisées des hommes ; jeu de gestion : d'une ville, des transports en commun, des déchets, du traitement des eaux, du fonctionnement d'un hôpital...

 

Les composantes de l'aptitude à saisir les logiques de l'organisation des savoirs et savoir- faire à apprendre

 

1- Une aptitude à saisir la logique de l'apprentissage à réaliser

Le possesseur de la learnability ne se perd pas dans les détails d'un apprentissage. Ce n'est pas un besogneux qui va apprendre pas à pas. Il va saisir rapidement ce qui fait la spécificité du savoir ou du savoir-faire à intégrer. Il repère vite les principes organisateurs de ce qu'il faut apprendre. Il agence son apprentissage autour de ces principes qui donnent leur cohérence d'ensemble aux choses à apprendre. Il comprend donc la logique interne du domaine intellectuel ou pratique à dominer. C'est une intelligence des formes organisatrices des choses à apprendre qui lui permet à de pénétrer profondément au cœur des apprentissages.

Il existe des formations premières qui facilitent indéniablement cette aptitude à saisir la logique de l'apprentissage à réaliser. Ces formations se centrent sur la mise à jour de la structure latente des domaines d'apprentissage. C'est cette fonction que remplissent, par exemple, l'explication de la grammaire d'une langue, l'explication de telle procédure de résolution de problèmes mathématiques, les explications sur la composition de la matière et sur les réactions chimiques typiques, l'explication de la composition interne d'un récit mythique ou d'une histoire policière, l'explication des procédés de fabrication de tel ou tel produit ou objet...

 

2- Une agilité intellectuelle

Cette capacité à saisir des formes doit être liée à une réelle agilité mentale. Cette agilité permet de saisir très rapidement la forme nouvelle de l'organisation interne d'un nouveau savoir ou d'un nouveau savoir-faire. La learnability ne saurait se cantonner à un seul domaine. Le goût de la découverte doit être global. Cette agilité mentale est aussi partie constitutive de la motivation à comprendre en mettant à jour les principes organisateurs du savoir ou du savoir faire. Le possesseur de la learnability se plait dans cette recherche des diverses logiques sous-tendant les pratiques ou les connaissances.

Cette agilité intellectuelle se forge aussi dans les apprentissages premiers de l'enfance. L'apprentissage des langues, l'apprentissage des mathématiques, l'expression des données chiffrées en graphiques et l'apprentissage des techniques de construction simples, en fournissent les bases. Il est formateur d'apprendre à formuler en plusieurs langues une même idée : les phrases en résultant, en français, en latin, en allemand, en anglais..., par exemple, n'auront pas la même structure grammaticale. Apprendre la calcul mental force à une gymnastique de décomposition-recomposition des chiffres pour leur faire subir plus facilement les opérations clés du calcul. L'écriture, la réécriture et le travail sur les équations, apprennent aussi à repérer des formes canoniques et à les transformer en d'autres formes. La transposition d'un tableau de chiffres dans diverses formes de graphiques, comme la lecture alternée des équations et des graphes qui les représentent sont aussi de bons exercices formateurs de l'agilité intellectuelle. L'élaboration d'un plan de construction ou d'un plan d'action pour la réalisation concrète d'un objet plus ou moins complexe, force aussi la réflexion sur les diverses possibilités d'atteindre une même fin.

 

Conclusion

Voici donc une nouvelle compétence complexe que l'on va bientôt demander aux collaborateurs des entreprises. On voit comment les bases de développement de cette habileté dépendent des apprentissages premiers faits à l'école. Les spécialistes ont donc bien raison de s'interroger et de débattre sur ces fameux apprentissages de base sur lesquels l'école doit se centrer. On espère qu'ils trouveront une réponse consensuelle.

 

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